Une image vaut mille mots

Publication Date: 
Jeudi, Juin 17, 2021

Rendre les espaces plus accessibles en tenant compte du rapport que les aînées et aînés entretiennent avec leurs environnements

Pour Katie Vaughan, rendre les communautés plus accessibles par le biais d’environnements construits (édifices, rues et espaces extérieurs) s’avère une véritable passion. Cet intérêt s’est développé chez elle lors de ses études de premier cycle à l’Université St. Francis Xavier, située à Antigonish, en Nouvelle-Écosse.

Comme le raconte Katie Vaughan : « En travaillant auprès de différentes associations communautaires, j’ai vu à quel point les environnements construits étaient inaccessibles à plusieurs, en particulier les aînées et aînés. Or, le vieillissement n’est pas l’unique responsable de cet état de choses. Quand une personne a le sentiment d’avoir perdu son autonomie, c’est souvent parce que quelque chose lui est devenu inaccessible. »

Ce constat fut à l’origine de ses recherches au niveau de la maitrise, recherches qui se trouvent à la croisée de l’aménagement urbain et de la santé. Sous la direction de la professeure Mikiko Terashima, chercheuse principale au sein de l’unité de recherche PEACH et scientifique de l’USSM, Katie Vaughan a mené un projet intitulé « Les espaces qui me conviennent » (Spaces that Work for Me), un projet qui lui a mérité un prix étudiant de l’USSM pour l’année 2020-21. 

(vidéo disponible en anglais seulement

Les aînées et aînés ont participé au projet en se servant de Photovoice, une méthode de recherche visuelle qui met une caméra dans les mains des participantes et participants. Douze aînées et aînés de partout en Nouvelle-Écosse ont participé à l’étude et ont contribué plus de 120 photos. Ces photos documentent, reflètent et communiquent les perspectives des aînées et aînés à l’endroit des environnements construits qui sont situés dans leurs quartiers. En d’autres mots, ces environnements construits sont-ils accessibles ou non?

Ayant déjà utilisé Photovoice dans le cadre d’un autre projet, et étant elle-même une personne visuelle, Katie Vaughan était convaincue qu’une telle approche mettrait en lumière les expériences vécues par celles et ceux qui naviguent dans des environnements construits.

Comme l’explique Katie Vaughan : « Une image vaut mille mots. Lorsque nous demandons à une personne d’expliquer pourquoi un lieu lui parait inaccessible, celle-ci peut avoir de la difficulté à situer le problème. Or, les photos peuvent aider à éclairer une problématique qui autrement serait trop difficile à exprimer. »

L’analyse des photos effectuée par Katie Vaughan a permis d’identifier trois vastes thématiques – les rues, les destinations et les parcs et loisirs – et un certain nombre d’enjeux récurrents au sein de chacune d’elles. Grâce à ce travail, elle peut évaluer si oui ou non les normes courantes d’accessibilité et les lignes directrices actuelles en matière d’aménagement à accès facile reflètent ces différentes perspectives. Au fait, Katie Vaughan a identifié 14 priorités qui permettraient aux aînées et aînés de mieux vivre en santé et en sécurité et de vivre de façon plus autonome.

Ayant travaillé avec les communautés locales par le passé, Katie Vaughan est demeurée fidèle à ses racines en collaborant avec Community Links, un organisme qui travaille à l’échelle de la province et qui appui  la création de collectivités inclusives et amies des aînées et aînés. Elle attribue d’ailleurs une grande partie de son succès à recruter des participantes et participants à ce nouveau partenariat. À l’aide de Community Links, les défis de recrutement en contexte de pandémie ont pu être surmontés. Cet organisme a aussi aidé à développer des matériaux et des formulaires de consentement rédigés dans un langage clair et simple.

Katie Vaughan a aussi réfléchi à l’impact que la COVID-19 a eu sur ce projet : « En menant cette étude dans un contexte de pandémie, nous avons pu à la fois mieux comprendre les besoins des aînées et aînés en termes d’aménagement à accès facile et identifier des modifications permettant aux aînées et aînés de s’impliquer dans la recherche participative à distance. »

« Une fois le projet de recherche terminé, nous nous sommes rendu compte que nous n’avions qu’effleuré la surface du problème. Il reste encore beaucoup de travail à faire. Notre province compte la proportion la plus élevée d’aînées et d’aînés au pays. Ainsi, dans le cas de la Nouvelle-Écosse, les études de ce genre s’avèrent essentielles. »

Après avoir obtenu une maitrise en urbanisme à l’Université Dalhousie, Katie s’est vue octroyée une subvention dans le cadre du Programme de subventions pour les collectivités amies des aînés, géré par le ministère des Aînés de la Nouvelle-Écosse. La subvention lui a permis de poursuivre ses travaux au sein du projet « Les espaces qui me conviennent » (Spaces that Work for Me), un projet qui permet à un plus grand nombre d’aînées et aînés habitant dans des communautés rurales de participer à des activités Photovoice.

Meagan MacDonald, coordonnatrice régionale – RMH/East Hants/Colchester au sein de l’organisme Community Links, salue la continuation de cette collaboration : « Katie sait rendre la recherche accessible au grand public. L’équipe de Community Links est heureuse de pouvoir travailler à nouveau avec elle cette année grâce au Programme de subventions pour les collectivités amies des aînés. Alors que nous explorons les communautés néo-écossaises dans lesquelles nous souhaitons vivre et vieillir, le projet Photovoice, dans sa dimension élargie, permettra d’amplifier davantage la voix des aînées et aînés et de tenir compte de leurs expériences. »

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